Protégeons l’IEF

Je m’exprime très peu sur la non-scolarisation, sur l’instruction en famille (IEF), sur l’unschooling, sur l’école à la maison, appelez comme vous voulez le fait d’avoir un enfant « d’âge scolaire » et de faire le choix de ne pas le scolariser. 

Premièrement parce que ce choix est personnel, réfléchit, et qu’il ne regarde pas les autres, qui en plus ont toujours leur mot à dire voire leur jugement sur nos choix de vie qu’ils ne comprennent pas voire ne cherchent pas à comprendre. 

Deuxièmement parce qu’il existe autant de façons de vivre qu’il existe de familles. Et la non-scolarisation est juste une façon de vivre. Certaines familles feront « l’école à la maison » dans un cadre très strict, avec une pièce de la maison aménagée en salle de classe, planning strict, horaires imposés, activités dans des cahiers, à table, suivi du socle de l’éducation nationale. D’autres seront en unschooling complet, certains en faisant le tour du monde sur un bateau, profitant des découvertes de la nature, des pays et des populations, d’autres en profitant simplement du temps passé en famille et dans la nature pour acquérir des bases solides. Dans tous les cas, la décision de la non-scolarisation est très personnelle et très variable d’une famille à une autre. Certains s’adapteront complètement à la personnalité de l’enfant, à son rythme d’apprentissage pour faciliter l’acquisition des compétences, tandis que d’autres s’imposeront un cadre à suivre de manière plus formelle. 

Troisièmement parce que notre fils n’a que 4 ans et que je ne nous considère pas encore comme faisant l’IEF. Pour rappel, l’instruction (et non la scolarisation) est pour l’instant obligatoire de 6 à 16 ans. Le projet de loi actuel, qui fait beaucoup parler les médias et les personnes qui n’y connaissent rien comme nos politiques, entretient la confusion qui existe dans l’esprit des gens sur l’obligation de scolarisation. La scolarisation n’a jamais été obligatoire, seule l’instruction l’est. Et cette instruction peut être faite à l’école comme en dehors.

Mais alors, qu’en est-il de ce projet de loi? En quoi consiste-t-il? 

Les principaux changements qui pourraient avoir lieu avec ce projet de loi sont : 

– la soumission de l’IEF à autorisation, alors qu’elle est juste soumise à déclaration pour le moment : ce point vient d’être annulé. 

– l’abaissement de l’âge d’instruction obligatoire à 3 ans au lieu de 6 ans actuellement. Ça change quoi? Et bien beaucoup de choses. Un enfant de 3 ans dont les parents feront le choix de la non-scolarisation sera soumis aux mêmes contrôles annuels que les plus de 6 ans, à savoir un entretien avec des membres de l’éducation nationale avec possibilité de tests des connaissances et injonction de scolarisation si l’entretien n’est pas satisfaisant. Un enfant de 3 ans n’étant pas égal à un enfant de 6 ans au niveau du développement psycho-moteur, des compétences sociales, de son adaptabilité et de sa maturation intellectuelle. Il me paraît difficile d’évaluer les compétences et les acquis d’un enfant de 3 ans en 1 ou 2h de tests faits par des inconnus. 

– la pire des mesures pour moi, la plus liberticide, est celle qui vise à comparer les enfants non-scolarisés aux enfants scolarisés, en prenant comme grille d’évaluation le socle commun de l’éducation nationale. Comme la plupart des familles pratiquant l’instruction en famille, nous avons fait ce choix afin de suivre le rythme, les intérêts (Maria Montessori parle de périodes sensibles) et le développement de notre enfant. Si cette mesure était adoptée, des lacunes dans ce socle commun imposé par l’éducation nationale pourrait déboucher sur une obligation de scolarisation. Ce qui paraît aberrant puisqu’un enfant qui saurait compter jusqu’à 60 et aurait des connaissances pointues dans d’autres domaines, mais qui ne saurait pas écrire son prénom en lettres bâtons serait considéré comme en retard! Pourquoi le socle commun de l’éducation nationale serait représentatif du développement de tous les enfants? Pour avoir consulté les évaluations de grande section de ma circonscription, l’enfant est par exemple évalué par rapport à la méthode syllabique d’apprentissage de la lecture. Qu’en est-il des autres méthodes d’apprentissage de la lecture? Ces mesures visent à réduire les libertés des familles d’enfants non-scolarisés, en comparant et en voulant faire entrer dans le moule de l’éducation nationale tous les enfants de France. 

Pour toutes ces raisons, et pour garder notre liberté et surtout celle de nos enfants, mobilisons-nous pour que la non-scolarisation reste un droit! Partagez, parlez-en, renseignez-vous, discutez avec des familles d’enfants non-scolarisés, et aidez-nous à conserver nos droits.

6C26BD6A-652C-4CDB-9879-9B011093EFC3

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s